dimanche 1 janvier 2012
La surprise Sherman
Propos du photographe David Seidner (décédé en 2000), ancien ami proche de Cindy Sherman :
"Cindy est la personne la plus sensée et la plus gentille qui soit. D’une modestie totale, avec toute cette créativité qui passe dans son œuvre. Elle est calme, sérieuse, heureuse en ménage et efficace. Quand on la croise dans la rue on n’imaginerait jamais que c’est Cindy Sherman. Elle ne se fait pas remarquer, sa vie est presque un paravent pour son œuvre. Depuis le temps que je la connais, je l’ai toujours connu timide et réservée.".
Ce qui est touchant avec Cindy Sherman, et qui paradoxalement rend encore plus belle et sensé son oeuvre, c'est qu'en regardant tout son travail on s'attend à voir une artiste au look déjanté-féministe à la Orlan, et en fait, surprise, elle est très simple, l'américaine typique et féminine que l'on pourrait habituellement croiser.
Clowns, 2003-2004
Il s'agit là de clichés pris en numérique qui ont ainsi pu être retouchés par la suite. Cindy Sherman ajoute par la suite en arrière plan divers fond colorés. Le spectateur est directement confronté à une profusion de couleurs qui envoient directement un sentiment oppressant, une impression de terreur.
La figure du clown dont s'est intéressée Sherman peut s'expliquer dans la notion de masque : le sourire forcé, l'hypocrisie de la société.
La figure du clown dont s'est intéressée Sherman peut s'expliquer dans la notion de masque : le sourire forcé, l'hypocrisie de la société.
Hollywood/Hampton type, 2001
Cindy Sherman incarne dans cette série des "comédiens ratés ou tombés dans l'oubli posant pour des portraits afin de postuler pour un emploi". Le maquillage rend ces femmes usées, ridicules ...
Ce sujet est assez cruel mais la série reste néanmoins efficace. L'artiste soulève une fois de plus la question de l'apparence envers autrui dans notre société actuelle.
OFFICE KILLER, 1997
Cindy Sherman continue dans le genre de l'horreur et sort en 1997 son premier film.
Le casting regroupe les actrices Jeanne Tripplehorn, Molly Ringwald et Carol Kane.
Le film tourne globalement autour de la question de la place de la femme dans la société.
Sex pictures, 1992, Cindy Sherman
Dans cette série, ce n'est pas sa personne que l'artiste photographie mais des mannequins de plastiques auxquels elle fait prendre différentes postures pour amener son sujet dans une dimension très sexuelle.
Les photographies de cette série sont pour la plus grandes majorités des représentations de femmes.
Elle joue avec les différents angles et postures des mannequins pour faire du corps de la femme un pur objet, réduite en un unique orifice.
History Portraits, 1988, Cindy Sherman
Afin de donner une nouvelle orientation à son travail, Cindy Sherman se tourne vers des classiques de l'histoire de l'art qu'elle parodie. L'artiste reprend les codes des peintures des maitres ( tons des couleurs, postures des personnages, expressions, habits... ) afin de les détourner.
La plupart des clichés de cette série sont alors construit à partir de divers morceaux de tableaux. Deux des photographies nous permettent en revanche de reconnaitre très clairement des répliques de toiles originales.
Il en résultes des portraits aux traits grossis et proéminents. Les codes classiques réutilisées hors de leur contexte amènent mauvais goût. Les prothèses, qui ont été utilisé massivement ici sans essayer d'être camouflées, donnent une sensation de caricature, de mauvaise copie, et amène le public à se questionner sur la notion d'identité.
La plupart des clichés de cette série sont alors construit à partir de divers morceaux de tableaux. Deux des photographies nous permettent en revanche de reconnaitre très clairement des répliques de toiles originales.
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| La Fornarina, Raphaël |
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| Bachus malade, Caravage |
Il en résultes des portraits aux traits grossis et proéminents. Les codes classiques réutilisées hors de leur contexte amènent mauvais goût. Les prothèses, qui ont été utilisé massivement ici sans essayer d'être camouflées, donnent une sensation de caricature, de mauvaise copie, et amène le public à se questionner sur la notion d'identité.
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